Premier répondant au Québec : rôle, formation et conditions
Le premier répondant stabilise la personne avant l'arrivée de l'ambulancier. La loi, les trois niveaux, la formation et la démarche auprès de la municipalité.
Le premier répondant arrive avant l'ambulance. Il stabilise la personne en détresse, puis il remet l'intervention à l'ambulancier, le technicien ambulancier paramédic. Québec.ca compte environ 6 270 premiers répondants dans plus de 333 municipalités. Ce texte vaut pour les premières répondantes comme pour les premiers répondants.
Ce que dit la loi
La Loi sur les services préhospitaliers d'urgence, chapitre S-6.2, consacre ses articles 38 à 43 aux premiers répondants. La version lue ici est à jour au 12 août 2026.
L'article 39 fixe le rôle. Le premier répondant agit sur affectation exclusive du centre de communication santé. Il fournit les premiers soins de stabilisation selon les protocoles d'intervention clinique élaborés par le directeur médical national, dans la limite de son niveau de formation. Il agit en complémentarité du technicien ambulancier et lui transfère la responsabilité des interventions à son arrivée sur les lieux.
L'article 41 l'oblige à respecter ces protocoles et à se soumettre à l'encadrement médical régional. Le directeur médical régional peut lui ordonner de cesser d'agir, de façon temporaire ou permanente. L'article 42 l'exonère de toute responsabilité pour le préjudice qui résulte de son intervention, sauf faute intentionnelle ou faute lourde.
Qui accrédite le service
Selon l'article 38, Santé Québec conclut une entente avec la municipalité intéressée. La municipalité y désigne le service qui offrira les premiers répondants. Ce service doit être accrédité par Santé Québec ou par l'instance régionale. La municipalité peut confier ses responsabilités à un organisme à but non lucratif.
Le ministre de la Santé et des Services sociaux fixe le contenu minimal de cette entente, d'après le paragraphe 7° de l'article 3 : fonctionnement du service, normes de qualité, financement, reddition de comptes. À Montréal et à Laval, l'article 90 confie la mise en place du service à Urgences-santé.
Trois niveaux de service
La page Premier répondant de Québec.ca, mise à jour le 26 septembre 2025, reconnaît trois niveaux. Les guides de financement du ministère, version 1 de 2025, les notent PR-1, PR-2 et PR-3.
| Niveau | Champ d'intervention selon Québec.ca |
|---|---|
| PR-1 | Les urgences où le temps de réaction joue directement sur le risque de mortalité ou de séquelles |
| PR-2 | Les compétences du niveau 1 et les situations traumatiques complexes |
| PR-3 | Les urgences médicales critiques et les situations exceptionnelles, comme un accouchement en urgence ou un risque industriel |
Le sigle PR-DEA circule encore. Ni Québec.ca ni les guides de 2025 ne le nomment. Ces guides présentent le programme actuel comme une refonte du Programme Premiers répondants de 2014.
La formation
L'article 40 pose deux conditions. Il faut avoir réussi une formation reconnue par Santé Québec, donnée par un organisme reconnu par Santé Québec, par une instance régionale ou par Urgences-santé. Il faut aussi appartenir à un service de premiers répondants accrédité.
Le ministère présente le nombre d'heures de chaque niveau dans un schéma, à l'annexe 6 du Guide relatif au financement de l'implantation d'un service de premiers répondants. Les heures de la formation initiale y figurent dans une image que nous n'avons pas pu lire avec certitude. Nous ne les donnons donc pas. Le texte de l'annexe précise ceci : pour les services déjà en place, la mise à niveau au nouveau programme compte 8 heures par niveau. Pour un nouveau service, un bloc de 4 heures s'ajoute à la formation initiale ou se complète dans les six mois qui suivent l'implantation.
Une municipalité publie sa durée. Le Service de sécurité incendie de Montréal écrit que la formation initiale de ses pompiers premiers répondants dure 62 heures, qu'elle est donnée par des instructeurs certifiés d'Urgences-santé et qu'elle remplit les exigences du ministère. Suit une formation continue de 24 heures par 2 ans.
La différence avec l'ambulancier
Le premier répondant ne transporte personne. Il intervient en attendant l'ambulance, selon des protocoles propres à son niveau. Dès son arrivée, l'ambulancier reprend la responsabilité de l'intervention et assure le transport vers l'hôpital. Notre article Devenir ambulancier décrit ce métier. Le premier répondant, lui, exerce son rôle au sein d'un service désigné par sa municipalité, souvent le service de sécurité incendie.
Les deux reçoivent leurs affectations du centre de communication santé, où travaille le répartiteur médical d'urgence.
Les conditions
Le guide du ministère prévoit quatre formes de postes : temps plein, temps partiel, volontaire ou mixte. La garde se fait en caserne ou à l'externe. Chaque municipalité choisit sa formule.
L'article 43 protège celui qui occupe un autre emploi. Le premier répondant informe son employeur de ses devoirs et l'avise quand un appel du centre de communication santé l'oblige à quitter son travail. L'employeur ne peut pas le punir pour avoir agi à ce titre, sauf motif valable dont la preuve lui revient. Le recours s'exerce devant le Tribunal administratif du travail.
Ce texte résume la loi et les guides du ministère. Ce n'est ni un avis juridique ni un avis syndical.
Questions fréquentes
Qui sont les premiers répondants ?
Ce sont les membres d'un service désigné par une municipalité et accrédité par Santé Québec. Le guide du ministère vise surtout les services de sécurité incendie, composés de pompiers à temps plein, à temps partiel ou volontaires, et les organismes à but non lucratif. Sur l'île de Montréal, ce sont les pompiers de Montréal, de Côte-Saint-Luc et de Dorval. Urgences-santé dit en avoir formé quelque 2 400, pour plus de 70 000 interventions par année.
Comment devenir premier répondant ?
Adressez-vous à votre municipalité ou à son service de sécurité incendie, puisque la loi exige d'appartenir à un service accrédité. Il faut ensuite réussir la formation reconnue par Santé Québec. Toutes les municipalités n'offrent pas ce service. Votre établissement territorial de Santé Québec, l'ancien CISSS ou CIUSSS, vous dira s'il existe chez vous. À Montréal et à Laval, c'est Urgences-santé.
Quel est le salaire d'un premier répondant au Québec ?
Aucune source officielle ne publie un salaire de premier répondant pour le Québec. La rémunération dépend de chaque municipalité et de la forme du poste, qui peut être volontaire. Le guide du ministère range la rémunération des participants à la formation parmi les dépenses admissibles au financement, sans les primes. À Montréal, le premier répondant est un pompier du Service de sécurité incendie.
Quelle est la formation nécessaire pour devenir premier répondant ?
L'article 40 de la loi exige une formation reconnue par Santé Québec, donnée par un organisme reconnu par Santé Québec, par une instance régionale ou par Urgences-santé. Sa durée varie selon le niveau, PR-1, PR-2 ou PR-3. À Montréal, le Service de sécurité incendie indique 62 heures de formation initiale, puis 24 heures de formation continue par 2 ans.
Quelle est la loi qui régit les services préhospitaliers d'urgence au Québec ?
C'est la Loi sur les services préhospitaliers d'urgence, chapitre S-6.2, qui se lit sur LégisQuébec. Ses articles 38 à 43 portent sur les premiers répondants, son article 22 sur les centres de communication santé et son article 63 sur les conditions pour agir comme technicien ambulancier. La version citée ici est à jour au 12 août 2026.
Que sont les soins préhospitaliers d'urgence ?
L'article 1 de la loi S-6.2 les décrit par leur but : apporter en tout temps, aux personnes qui font appel à ces services, une réponse appropriée, efficiente et de qualité, pour réduire la mortalité et la morbidité des personnes en détresse. La loi encadre l'organisation de ces services, nomme ceux à mettre en place et précise les droits, les rôles et les responsabilités de chaque acteur, dont le centre de communication santé, le premier répondant et le technicien ambulancier.
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Merci. C'est anonyme, et ça nous dit quoi écrire ensuite.
Sources
- LégisQuébec, Loi sur les services préhospitaliers d'urgence, chapitre S-6.2, articles 1, 3, 22, 38 à 43, 63 et 90, à jour au 12 août 2026
- Gouvernement du Québec, Premier répondant, Québec.ca, mise à jour du 26 septembre 2025
- Ministère de la Santé et des Services sociaux, Guide relatif au financement de l'implantation d'un service de premiers répondants, version 1, 2025, pages 1 à 4, annexe 2 et annexe 6
- Ministère de la Santé et des Services sociaux, Entente et financement d'un service de premiers répondants, fiche modifiée le 10 novembre 2025
- Service de sécurité incendie de Montréal, Questions et réponses, pompiers premiers répondants, consulté le 10 octobre 2026
- Urgences-santé, Chaîne d'intervention préhospitalière, consulté le 10 octobre 2026